Je suis ce malheureux comparable aux miroirs
Qui peuvent réfléchir mais ne peuvent pas voir
Comme eux mon œil est vide et comme eux habité
De l’absence de toi qui fait sa cécité


Aragon, Le fou d’Elsa

Ce qui m’importe lorsque l’on parle cinéma, c’est de parler de l’acte de voir, de regarder, de visionner, de visualiser, de représenter et de se représenter, de la perception de l’espace et du temps. De l’espace optique et de l’espace reconstruit dans l’invisibilité, dans l’absence du regard ; lorsque le narcisse est atteint dans son instant de départ : le reflet. On parlera donc de la vue et de l’acte de voir à travers un écran ; et de l’acte d’imaginer quand l’acte de voir n’y est plus ; et du conflit et de la supplémentarité entre l’acte de voir et l’acte de croire. Le cinéma consiste à faire voir et faire croire. Une certaine vérité ou une véracité quelle qu‘en soit la forme, fiction ou documentaire.

De là nous rencontrerons sur ce sentier peu éclairé et sinueux la mémoire des images et des images en mémoire. De prime abord, une analogie me surprend : celle qui renvoie l’écran à l’œil, puisque l’œil est aussi un écran où les images sont projetées, d’ailleurs à l’envers, et le processus mental se charge de les remettre à l’endroit. Sur la route, il y aura des haltes que j’essaierai de lier chacune à un événement singulier que j’ai vécu ou que je suis en train de vivre : la révolution de l’image, et l’image de la révolution. Une révolution qui a eu lieu dans et à travers la révolution égyptienne.

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Si yo permaneciem de pie frente al mar, vería que el agua cambia de color, que el viento se acelera, que las olas se alzan y que estoy en peligro. Correría entonces en busca de la tierra y de un refugio, para descubrir que el mar está en todas partes. Ésta es la imagen de mi sentir en este mismo momento, una imagen en el sentido poético y retórico. El afecto que me produce la inminencia de un desastre que evoca cada notícia de la radio. ¿Acaso no hay en el aire un perfume que huele a de mundo y a Apocalipsis, que olemos de manera indiscutible y casi deseada? ¿Acaso no hay una imagen colectiva, espectral, de desastre, oculta en relación al archivo de aquello que ha tenido lugar en un contexto similar, el de la crisis del 29 y sus consecuencias? Una imagen poblada de  ejércitos de desempleados, de sin techo, de hambrientos, de milicias, de terroristas, de deportados y de muertos y de supervivientes. Para poder pensar en ese estado de afección propongo pensarlo dentro de la deconstrucción.

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Livre tourner les motsTourner les mots : chercher le langage le moins inapproprié pour dire un film, certes, mais aussi en vue de tourner autour des mots, pour les contourner, sans toutefois renoncer à les « tourner », caméra en main : au-delà du méta-discours sur le cinéma, et plutôt qu'un « langage cinématographique », tenter une autre cinématographie de la parole.
D’abord un simulacre de dialogue : un « Acteur » (« alias moi, Jacques Derrida ») et un Auteur (« alias moi, Safaa Fathy ») croisent leur mémoire mais aussi leur réflexion. Il leur aurait fallu, contre les lois du genre, inventer le statut d’un film, D’ailleurs, Derrida : ni une fiction ni un documentaire, bien qu’il soit produit dans la série « Profils » d’Arte.
L’une des deux voix hésite : « … frappés de mutisme, appauvris et assignés à résidence », les mots « se laissent ainsi déloger par les icônes muettes d’un film, des silhouettes plus fortes que la langue, images promises, images prises, images encore virtuelles, images gardées, images exclues. Comment pourrions-nous dire ici toutes les durées enchevêtrées de ces possibles ? Comment parler de nos expériences respectives, si différentes, si intraduisibles l’une dans l’autre ? Comment accorder nos endurances de ce que fut un tournage – sa veille, ses lieux, les rôles qu’il nous assigna, son temps et son labeur, son lendemain aussi, l’écriture de montage, puis le retour à l’écran ? »
Après ce dialogue aux voix indiscernables, Jacques Derrida (« Lettres sur un aveugle » et Safaa Fathy (« Tourner sous surveillance », « Tourner sur tous les fronts ») reprennent la parole, chacun pour soi : deux autobiocinématographies.

 

 

 

 

 

Livres rodar-las-palabras

Rodar las palabras: buscar el lenguaje menos inapropiado para decir un filme, ciertamente, pero con la intención de rodar en torno a las palabras: para rodearlas, sin no obstante renunciar a «rodarlas», cámara en mano: más allá del metadiscurso sobre el cine, e intentar, antes que un «lenguaje cinematográfico», una nueva cimeatografía del habla.
En primer lugar un simulacro de diálogo: un «Actor» («alias yo, Jacques Derrida») y un Autor («alias yo, Safaa Fathy») cruzan su memoria, pero también su reflexión. Habrían necesitado, contra las leyes del género, inventar el estatuto de un filme, D’ailleurs, Derrida: ni una ficción ni un documental, aunque esté producido en la serie «Profils» de Arte.
Una de las dos voces vacila: « ...tocadas de mutismo, empobrecidas y destinadas a un lugar», la palabras «se dejan así desalojar por los iconos mudos de un filme, siluetas más fuertes que la lengua, imágenes prometidas, imágenes tomadas, imágenes incluso virtuales, imágenes guardadas, imágenes excluidas. ¿Cómo podríamos hablar aquí de todas las duraciones entremezcladas de estos posibles? ¿Cómo hablar de nuestras respectivas experiencias, tan diferentes, tan intraducibles entre sí? ¿Cómo conciliar nuestros distintos aguantes ante lo que fue un rodaje — su víspera, sus lugares, los papeles que nos asigna, su tiempo y su labor propios, también su día siguiente, la escritura del montaje, y luego el retorno a la pantalla?»
Tras ese diálogo de voces indiscernibles, Jacques Derrida («cartas sobre un ciego») y Safaa Fathy («Rodar bajo vigilancia», «Rodar en todos los frentes») recuperan la palabra, cada uno por su cuenta: dos autobiocinematografías.

 

 

 

 

 

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